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s. w. 11)
10 Маврин с 1773 года находился при Бибикове; он отряжен был от
Секретной комиссии в Яицкий городок, где и производил следствие. Маврин
отличился умеренностию и благоразумием.
11 Императрица 22 октября 1774 года писала Вольтеру: Volontiers,
monsieur, je satisferai votre curiosité sur le compte de Pougatschef:
ce me sera d'autant plus aisé, qu'il y a un mois qu'il est pris, ou
pour parler plus exactement qu'il a été lié et
garrotté par ses propres gens dans la pleine inhabitée entre
le Volga et le Jaïck, où il avait été
chassé par les troupes envoyées contre eux de toutes parts.
Privés de nourriture et de moyens pour se ravitailler, ses compagnons
excédés d'ailleurs des cruat és qu'ils commettaient et
espérant obtenir leur pardon, le livrèrent au commandant de la
forteresse du Jaïck qui l'envoya à Simbirsk au
général comte Panine. Il est présentement en chemin
pour être conduit à Moscou. Amené devant le comte
Panine, il avoua naïvement dans son interrogatoire qu'il était
cosaque du Don, nomma l'endroit de sa naissance, dit qu'il était
marié à la fille d'un cosaque du Don, qu'il avait trois
enfants, que dans ces troubles il avait épousé une autre
femme, que ses frères et ses neveux servaient dans la première
armée, que lui-m ême avait servi, les deux premières
campagnes, contre la Porte, etc. etc.
Comme le général Panine a beaucoup de cosaques du Don
avec lui, et que les troupes de cette nation n'ont jamais mordu à
l'hameçon de ce brigand, tout ceci fut bientôt v
érifié par les compatriotes de Pougatschef. Il ne sait ni
lire, ni écrire, mais c'est un homme extrêmement hardi et d
éterminé. Jusqu'ici il n'y a pas la moindre trace qu'il ait
été l'instrument de quelque puissance, ni qu'il ait suivi
l'inspiration de qui que se soit. Il est à supposer que m-r
Pougatechef est maître brigand, et non valet d'âme qui vive.
Je crois qu'après Tamerlan il n'y en a guère un qui ait
plus détruit l'espèce humaine. D'abord il faisait pendre sans
rémission, ni autre forme de procès toutes les races nobles,
hommes, femmes et enfants, tous les officiers, tous les soldats qu'il
pouvait attraper; nul endroit où il a passé n'a
été épargné, il pillait et saccageait ceux m
ême, qui pour éviter ses cruautés, cherchaient à
se le rendre favorable par une bonne réception: personne
n'était devant lui à l'abri du pillage, de la violence et du
meurtre. |